Abbaye d'Igriș, ruines de l'abbaye cistercienne à Sânpetru Mare, Roumanie
L'abbaye d'Igriș est un ancien monastère cistercien situé à Igriș, dans la commune de Sânpetru Mare, județ de Timiș. Fondée en 1179 comme abbaye-filiale de Pontigny, elle fut construite en pierre et achevée en 1187 ; son complexe comprenait l'église, la bibliothèque, les cellules des moines, le grenier, des ateliers et un moulin mécanique. Les ruines se trouvent dans la partie ouest du village, au point Săliște (Kemenche), à environ 9 km au nord-ouest d'Igriș, partiellement recouvertes par la digue de protection du Mureș.
Fondée en 1179 par Béla III, qui la donna à l'abbé de Pontigny et à douze moines, l'abbaye fut achevée en 1187. Elle essaima avec Cârța (1209) et l'abbaye S. Crucis Galitiae (1266), et Vérteskeresztúr fut sa filiale de 1214 à 1314. André II et Yolande de Courtenay y furent inhumés. Détruite par les Mongols en 1241, elle fut réparée après 1247, puis ruinée lors de la révolte coumane de 1279-1283. En 1500, ses biens furent réunis au diocèse de Csanád ; les Ottomans détruisirent la fortification le 28 septembre 1551.
La bibliothèque de l'abbaye est la plus ancienne bibliothèque attestée sur le territoire de la Roumanie actuelle. Elle renfermait des œuvres de Cicéron, Sénèque, Suétone et Quintilien, ainsi que d'auteurs médiévaux comme Anselme de Cantorbéry et Yves de Chartres. Le nom hongrois Igriș dérive de eg et res, « Porte du Ciel » ; l'étymologie populaire l'a ensuite rapproché du mot agrișă (groseille).
Les ruines se trouvent au point Săliște (Kemenche), à environ 9 km au nord-ouest du village d'Igriș, en partie recouvertes par la digue de protection du Mureș et par l'enceinte du Canton 4 de la société Apele Române. Il y subsiste un tronçon de mur de 1,5 mètre, de nombreux blocs et des pierres polies d'environ 1 mètre de diamètre. Le site n'est pas balisé : prévoyez de marcher sur un terrain irrégulier.
La bibliothèque de l'abbaye est la plus ancienne attestée par des documents sur le territoire de la Roumanie actuelle ; elle renfermait des œuvres de Cicéron, Sénèque, Suétone et Quintilien, ainsi que de Grégoire de Nazianze, Anselme de Cantorbéry et Yves de Chartres. En 1870, des fouilles ont dégagé les ruines de l'église sur 500 pieds ; en 2019, une équipe roumano-hongroise a découvert la crypte d'André II, construction rectangulaire en brique.
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