Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, Hôtel particulier dans le Marais, Paris, France
L'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau est un hôtel particulier entre cour et jardin, œuvre de Pierre Bullet, avec un corps de logis prolongé par deux ailes en retour sur cour. La façade sur jardin compte dix travées, rythmées en leur milieu par un avant-corps de deux travées surmonté d'un fronton triangulaire orné d'un relief représentant le Temps. À droite, l'orangerie de treize travées, couverte d'un comble brisé, porte un fronton décoré d'un relief figurant la Vérité.
Le 19 juillet 1686, les héritiers de Geofroy Lhuillier vendirent la maison à Michel Le Peletier de Souzy, intendant des finances et frère du contrôleur général Claude Le Peletier. Celui-ci fit démolir l'ancien bâtiment et construire à sa place, sans doute en remployant une partie des anciennes fondations, l'hôtel actuel, œuvre de Pierre Bullet. Il acheta aussi des parcelles contiguës pour agrandir le jardin et les bâtiments de service.
Le portail sur la rue Madame-de-Sévigné est orné de bossages et d'une guirlande de feuilles de chêne, surmonté d'un fronton triangulaire où figure un cartouche au chiffre de Michel Le Peletier ; l'imposte en bois sculpté de la porte porte aussi un médaillon à ce chiffre. À l'intérieur subsistent l'escalier d'honneur de l'aile gauche, dont la rampe en fonte est sans doute la plus ancienne de Paris, et, au premier étage, le « cabinet doré » aux glaces et lambris blanc et or de la fin du règne de Louis XIV.
L'hôtel abrite depuis 1989 l'extension du musée Carnavalet : les collections révolutionnaires et celles des XIXe et XXe siècles occupent le corps de logis et les ailes, tandis que l'orangerie accueille les collections archéologiques néolithiques, notamment les pirogues de Bercy. Le rez-de-chaussée comprend les salles pédagogiques et le Centre d'études et de ressources, et l'orangerie est destinée aux événements culturels, scientifiques et collaboratifs.
Le jardin comportait des parterres de broderie, un bassin et, en fond de parcelle, un « treillage en façon d'arc de triomphe » que l'Anglais Martin Lister put voir lors de son voyage à Paris en 1698. Le fronton de l'orangerie, décoré d'un relief figurant la Vérité, répond à celui du corps de logis sur jardin.
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